Trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie de famille, les femmes en rêvent, mais les freins demeurent: culpabilité, manque de temps et/ou d’argent

Elles représentent en France près de la moitié de la population active (47,7 % précisément), mais, pour elles, concilier vie privée et carrière constitue souvent une prouesse. Même si 69% des femmes (1) déclarent vouloir mener de front les deux batailles, une question reste épineuse. Celle de la gestion du temps. Entre les rendez-vous chez l’orthodontiste, les réunions et les déplacements, les championnes du planning se perçoivent comme des jongleuses de l’impossible.

Difficile pour les mères actives de concilier vie pro et vie perso. Le point avec le témoignage de trois mamans aux profils différents.

Difficile pour les mères actives de concilier vie pro et vie perso. Le point avec le témoignage de trois mamans aux profils différents.

  • Elles représentent en France près de la moitié de la population active (47,7 % précisément), mais, pour elles, concilier vie privée et carrière constitue souvent une prouesse. Même si 69% des femmes (1) déclarent vouloir mener de front les deux batailles, une question reste épineuse. Celle de la gestion du temps. Entre les rendez-vous chez l’orthodontiste, les réunions et les déplacements, les championnes du planning se perçoivent comme des jongleuses de l’impossible.
  • Qu’en est-il du travail à la maison? « Il est encore en défaveur des femmes. C’est l’une des raisons qui explique l’essor du temps partiel féminin, et la faible représentation des femmes en politique ou dans les instances dirigeantes d’associations », constate Brigitte Grésy. Certes, rares sont les jeunes pères qui rechignent aujourd’hui à empoigner le fer à repasser. Mais il y a toujours quelque chose pour les empêcher de prendre totalement les rênes.
  • Au Women’s Forum aussi, on constate qu’elles ont encore besoin de modèles et d’entraide. Les hommes ont depuis longtemps leurs réseaux professionnels, qui font partie intégrante de leur carrière. Or les femmes sont à la traîne. Mais Véronique Morali, présidente du Forum, est optimiste. « En quelques années, les réseaux féminins ont explosé (2). Il en existe aujourd’hui plus de 400. Alter Egales, de la Caisse des dépôts, regroupe environ 1700 collaboratrices. De quoi leur permettre d’être soutenues dans tous les domaines: salaires, emploi du temps, opportunités de postes. Reste juste aux femmes à se libérer.« 

 

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« Pour être une bonne mère, j’ai longtemps travaillé à temps partiel »

Hélène, 48 ans. Professeur d’économie et hypnothérapeute. 3 enfants, de 22, 19 et 14 ans. Pas d’homme à la maison.

« On a beau tout prévoir, il y a toujours la crèche qui peut appeler pour une otite ou une baby-sitter qui vous plante », constate, un rien amère, Sandra, avocate dans un gros cabinet d’affaires. « C’est bien la difficulté de l’organisation qui mine la vie professionnelle et entretient les femmes dans l’idée qu’elles n’en font jamais assez », accuse Brigitte Grésy, membre du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Dans certaines entreprises, elles font face à des chefs de service amateurs de réflexions assassines. « Merci d’être passée », lance son boss à Louise, graphiste dans une agence de pub, quand elle quitte le bureau à 19 h 30.

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Séverine, 49 ans. Manager de Parnasse, service d’assistance multimédia. Mariée, 6 enfants (dont 3 issus d’un premier mariage et 3 du côté de son mari), âgés de 16 à 24 ans.

« Je me suis toujours imaginée indépendante »

« Je n’ai jamais culpabilisé. Pour moi, l’indépendance financière a toujours été une évidence. Après mes études à Sciences po, il ne me serait pas venu à l’idée de ne pas assumer des responsabilités. Certes, quand les enfants étaient petits, il fallait une solide organisation. J’ai utilisé les crèches, les baby-sitters et me suis beaucoup appuyée sur la famille, les amis, les parents des amis de mes fils. Cette ouverture permet aux enfants de se sentir aimés aussi par d’autres que leurs parents, ce qui est assez rassurant. Quant à moi, je n’essaie pas d’être parfaite.

Les sushis et les pizzas existent, il faut s’en servir! Et j’ai toujours su me faire aider, je ne suis jamais seule dans la cuisine, c’est la règle. J’aime regrouper tout mon monde. Je pars en vacances en couple, en famille et avec nos amis. Si j’ai passé un bon moment, même court, avec chacun dans la journée, je suis heureuse. J’ai aussi repris le golf une fois par mois. En tant que chef d’entreprise, j’applique aux autres les principes qui me réussissent.

Télétravail favorisé, horaires aménageables, sauf dans les gros moments de tension comme le lancement d’un nouveau produit. La femme française est quasiment la plus indépendante en Europe, car nous avons des crèches, une école maternelle, des incitations fiscales pour la garde à domicile. Mais restons vigilantes: les acquis sont toujours fragiles. »

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Myriam, 37 ans. Journaliste. 3 enfants, de 13, 4 et 2 ans. En couple.

« Le travail assoit notre dynamique de couple et jamais la question d’un poste intéressant n’a été mise en balance avec la vie de famille.

On accepte et on gère après. Notre secret pour l’heure: une nounou à domicile, de 8 à 18 heures (1), beaucoup de baby-sitters et un homme de ménage! Mais, si je délègue, le hub, c’est moi: j’organise et mon compagnon m’épaule quand il le peut. J’ai tellement de choses en tête que je suis le genre de mère à envoyer deux baby-sitters plutôt qu’une chercher les enfants. Du coup, ça fait pas mal de frais (surtout si on double les baby-sitters!).

Par Marie-Christine Deprund,

Source : L’express

 

 

 

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