Et si dans la diversification aussi on prenait en compte le rythme et les préférences de l’enfant ? Plutôt que de lui proposer des purées et compotes toutes lisses avec une cuillère, revenons aux choses évidentes. Découvrir des aliments, s’essayer à différentes textures, savourer beaucoup de saveurs. Tout Seul. Et dès 6 mois. C’est ce que propose la DME, diversification menée par l’enfant, que certains parents ont adoptée et certains modes d’accueil (assistantes maternelles comme structures collectives) mettent en application.

  • Laisser l’enfant manger tout seul

Christine Zalejski, auteur du premier livre en France sur la DME et docteur en sciences, explique : « Il y a deux éléments à prendre en compte. Le premier c’est que l’on « remplace » les purées et compotes par des aliments solides. On propose donc du lait et des morceaux cuits, plutôt fondants. Le deuxième, c’est que l’enfant doit être autonome. Le professionnel ne doit pas intervenir. C’est au bébé, et à lui seul, de mettre l’aliment dans sa bouche.

  • Comment ça se passe ?

Amélie, auxiliaire de puériculture à Melun qui a mis en place la DME dans la crèche où elle travaille, a un repère facile à adopter : donner un morceau plus grand que le poignet de l’enfant. Dans tous les cas, le professionnel qui est à ses côtés doit être très attentif. Le bébé doit toujours être sous surveillance quand il mange.
Peu à peu, comme dans une diversification classique, on introduira les féculents, les protéines…

  • Et pour ceux qui n’ont pas de dents ?

Quand on pense « morceaux », on pense rapidement « dents ». Mais les bébés n’ont pas besoin d’en avoir pour commencer la DME, car les morceaux proposés sont soit très durs pour être sucés, soit fondants et « la fleurette de brocolis peut par exemple être écrasée avec la langue sur le palais. Elle peut être mâchée et mastiquée avec les gencives », détaille Christine. D’ailleurs, le fait d’écraser fortement les gencives renforcerait l’implantation des dents dans la mâchoire. Les molaires sont les dents qui arrivent tardivement (entre 12-18 mois). Donc pas besoin d’attendre qu’ils en aient pour mâcher !

  • Lâcher-prise sur les quantités

Oui, les petits vont manger de plus petites quantités que leurs camarades qui prennent des purées, mais ils boiront plus de lait. Leurs besoins sont donc amplement comblés par le lait. Pas de panique, cette période ne dure que deux ou trois mois.

  • La DME : un gain de temps précieux

Un grand avantage dans la DME : le gain de temps ! Eh oui, cela pourrait surprendre mais c’est bien réel. En cuisine, d’abord ! Il n’y a plus de préparation de purées ou compotes, plus de découpe, de mixage… L’idée est de ne plus couper plus les légumes, et présenter tout le repas dans un seul plateau, de l’entrée au dessert. Et laisser ensuite les enfants décider par quoi ils souhaitent commencer ».

  • DME : l’importance du goût et des textures

Contrairement à ceux qui mangent des purées dans lesquelles plusieurs légumes sont souvent mélangés, en DME, l’enfant goute les aliments un à un. Il découvre aussi différentes textures : le granuleux, le lisse, le fondant, le croquant… « Ils n’ont plus d’aversion pour les textures » poursuit l’auxiliaire de puériculture.

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